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14 novembre

妈妈走后== après le départ de maman

妈妈走后,我剥了一个橘子,从橘子皮里挤了两次雾水,妄想把内心的杂音屏障了去。

每一次信念的动摇,都是残忍的事情。

很心灰意冷走到Pompidou, 想把自己勒在椅子上老老实实看书。可是眼皮始终那么沉。

已经没有了一觉醒来就想看到的人和想听到的故事。

处在一片印象的狼藉当中。

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Je souhaite que le monde soit effacé des murs de bruits, en deux coups d’appui sur la peau d’une clémentine.

 

Je me traîne à Pompidou, voulu m’attachée sur une chaise pour bien bosser, mais mes paupière tombent au bout de 3 minutes. Je suis encore dans le bordel des impressions de ces jours.

 

Il n’y a plus d’histoire que je veux entendre après mon éveil du matin. C’est cruel, à chaque fois qu’une foi se brise.

 

Mama a été à Paris pendant 4 jours. 

Son emploi du temps serré, son attention et la pression qu’elle met sur moi a troublé le rythme d’une élève.

Après avoir évalué le poids de mon cours et l’expérience actuelle qui est rare, j’ai  finalement  séché les cours pour l’accompagner et pour découvrir le monde ‘voyage d’affaires  des gouverneurs chinois.

 

Je ne veux pas décrire ce que j’ai vécu avec eux. Cela me fatigue. Je ne suis pas une pure étrangère là pour les juger. Je sens sur eux l’odeur de la terre dans mon pays tant dit que je n’en apprécie pas.  L’idée d’avoir la chance de connaître ce monde plus correctement me culpabilise, surtout devant eux. J’avais aussi une vision de monde tordue lors de mes premiers jours en France. C’est dur de croire que j’ai vécu pendant longtemps dans une idéologie de mensonge et d’abandonner ce que je crois pour toujours.

 

J’ai récolté quelques contacts physiques avec ma mère pendant son séjour. Je pensais que c’est scandaleux de la toucher ! Mais en peu de temps je trouve qu’il n’y a pas la peine de se montrer les émotions.

04 novembre

la torture annuelle -- renouvellement du titre de séjour en France

Un jour, j’étais sur un siège d’une salle de cinéma, témoin d’un collégien qui fut exclu de la salle en plein milieu du film devant ses camarades. Par qui ? Le prof. Pourquoi ? Il fît trop de bruits.

 

Je ne voulais pas me moquer de lui parce que je savais que l’exclusion serait un jour pour moi. Et bien ferme.

 

Quelques jours après, je suis allée au centre des étudiants dans la rue Miollis. La prise du numéro d’attente. L’attente. L’entretien. L’attente. L’entretien. Et enfin la décision. Ça m’a pris seulement 2 heures.  Non le temps n’est rien, par rapport à ce qu’on attend. On ne passe qu’une j fois par an pour renouveler son titre de séjour. En revanche il faut que les élèves se battent pour obtenir ce bout de papier rosé.  Pendant un moment j’ai failli oublier que je suis une étrangère sur cette romantique terre. Je mange du fromage; je dîne pendant 3 heures ; je lis le «20 minutes» ; je franchis des fois les bornes dans les stations de métro ; je sais parler fort contre ceux qui me respectent pas ; je regarde les touristes étrangères comme des moutons ; je traîne à Paris en vélo comme un serpent qui connais parfaitement par sa peau le battement de la terre ; je m’habitue même à m’asseoir à côté d’une table de café à la minuscule surface ronde.

 

Le jour du Rendez-vous au centre des étudiants, je me suis rendu compte que JE SUIS UNE ETRANGERE en France. J’ai le droit de rester en France encore pour un an à condition que je puisse prouver que je n’ai pas fait de merde l’année passée en France. Je dois donc fournir mes relevés de compte de 12 mois passés, pour savoir si je n’ai pas travaillé au black ou que je ne reçois pas une allocation au logement d’une autre ville. Je dois aussi prouver mon assiduité pendant l’année universitaire par notamment les relevés de note avec un cachet. On demande « et si la fac ne fournit pas de cachet parce que notre président se contente de sa signature ? » Non. Débrouillez-vous. SINON, PAS DE TITRE DE SEJOUR. Si on change de parcours d’études oubien s’inscrit dans une filière qui parait ‘bizarre’ au responsable, on doit écrire une lettre explicative bien sincère et raisonnée. Sinon les autres papiers sont plutôt faciles à avoir : une quittance EDF pour justifier sa domiciliation ; une attestation d’inscription dans un établissement d’éducation etc.  les informations sur les papiers à amener ne sont pas mises à jour sur le site de la préfecture donc on retourne souvent avec les bras déployés pour préparer de nouveau son dossier. Si on manque un papier, il faut  courir partout ou creuser son cerveau pour en avoir.  Le second retour est bien fréquent à la préfecture. Ça va, on sacrifie juste quelques cours pour faire ça. Mais, la pression psychologique n’est pas négligeable. L’impact psychologique  remporte sur toute la durée de la demande du titre de séjour. Pendant 1 mois ou 2, l’idée qu’on pourrait se faire exclure de la France accélère les pauvres élèves. Tu l’as, ou tu ne l’as pas. Noir et blanc. L’administration nous montre l’hostilité formaliste des français.

 

Dans la salle d’attente, les gens se baignent en permanence dans un brouillard de doute.  La salle est encombrée mais en même temps déserté d’esprit  comme la place où les céréales sont mises à sécher. Parfois tu exploses parce que l’administration ne veut pas te croire. Tu trouves cela injuste. Parfois on pleure en sortant parce que tu n’arrives pas à t’exprimer en français et que tu n’as pas compris ce que tu dois faire par la suite.

 

Cette année, j’y suis retourné trois fois pendant 1 mois et demi. On m’a demandée pourquoi je n’ai pas l’air inquiète, j’ai répondu que  je trouve que j’ai parfaitement raison de rester en France pour poursuivre mes études. Je suis déjà inscrite dans une fac, qui peut me chasser sans la moindre  raison ?

 

Bien sûr, les deux parties dans cette affaire de formalités n’ont pas de même logique.

 

L’idée me déplait que son existence doit être affirmé par un bout de papier.

La forme n’est pas inévitable et des efforts doivent s’engager.  Mais la pression qui nuit aux cellules des cerveaux des étudiants est un fait. Sur le forum de la communauté des étudiants chinois, l’obtention et le renouvellement  de titre de séjour reste toujours un sujet fréquemment discuté.

 

A la sortie du deuxième retour, l’incertitude m’enveloppe de nouveau, froid comme le vent à pluie.

 

Au  troisième retour au centre des étudiants, je suis accompagnée par mon copain  français. Il a passé du temps à corriger ma lettre explicative qui paraît l’élément crucial pour mon cas. J’ai la chance d’avoir ses aides mais tout le monde n’a pas un Français derrière lui pour sauver sa peau. 

 

Prions-nous.

 

 

P.S. : En écrivant ce text, j’ai déjà la confirmation d’avoir mon titre de séjour. Je ne ressens plus la réelle sensation quand je n’avais pas cette certitude.  Si le mauvais résultat se produissait, je ne serai pas là pour vous raconter cette histoire.